Carnet de route de Grinta . La roue, elle tourne
Grinta a 15 ans.
Elle parle de la vie dans des blocs, de cette impression que tout tourne sans toujours demander l’avis de ceux qui sont dedans. La roue, elle tourne parfois trop vite.
Elle parle beaucoup de sa maman.
Sa daronne vieillit, dit-elle, à cause de la fatigue. Parce que la vie pèse. Parce que c’est un travail difficile d’être mère, surtout quand il faut tenir debout pour deux. Sa maman, c’est la femme de sa vie. Celle qu’elle regarde avec inquiétude, admiration, amour mêlé.
Bientôt, Grinta aura un rendez-vous avec sa juge.
Un moment pour évaluer son placement. Un moment suspendu, où d’autres décident, où l’avenir se discute dans un bureau. Mais dans ses mots à elle, ce qui revient, ce n’est pas le cadre, ni la mesure : c’est sa mère.
À 15 ans, Grinta observe déjà le temps qui marque, la fatigue qui s’accumule, la roue qui continue de tourner et elle essaie de trouver sa place dedans.