J'ai rencontré Jimmy il y a plusieurs années et il disait " ne pas vouloir être traité comme de la merde ". Il ne voulait pas être traité " comme une machine " et je ne peux m'empêcher de penser que si les gens étaient un peu plus comme lui, nous nous porterions mieux.
EXTRAIT :
J'étais préparateur de commandes. Il donnait des quotas qu'il était impossible de réaliser. On devait faire des commandes à plus de 400 colis et si on ne terminait pas à l'heure et bien on devait continuer, mais sans être payé. Mais ça, l'employeur il ne le disait pas. Je l'ai appris seulement une fois que je travaillais, mais bon, j'avais déjà signé mon contrat. La minute où j'ai compris que mes heures supplémentaires n'allaient pas être payées, j'ai arrêté immédiatement. Ils m'ont répondu que je n'avais pas l'esprit d'entreprise. C'est comme ça. Il faut bien travailler même si au boulot ils abusent. Je te paye. Travaille et tais-toi.
Rencontre.
ILLUSTRATION D'UN DOCU-FICTION EN BANDE DESSINÉE DE 2019 AUX ÉDITIONS FUTUROPOLIS : LE TRAVAIL M'A TUÉ. UN RÉCIT DE HUBERT PROLONGEAU ET ARNAUD DELALANDE. DESSIN DE GRÉGORY MARDON.
LÉGENDE : L’industrie contemporaine du travail, sous ses airs progressiste où la soif de rendement des actionnaires est camouflée par des reconfigurations épurées et vendues comme étant synonyme de simplification de la vie des employés, est un véritable cheval de troie sur nos existences. Dans ce récit, Carlos Pérez représente le protagoniste que l’on retrouvait à l’époque dans les tragédies grecques, celle de l’humain ordinaire qui se retrouve pris dans un engrenage-sable mouvant. Il nous sert de réceptacle pour mieux comprendre comment les rapports humains, pourtant à la base de toute société digne de ce nom, finissent par agir comme un poison sur notre existence.