« C'est très reposant de se débarrasser des attentes. Bien sûr, quand quelque chose nous a plu on aimerait que ça recommence - manger une glace rhum-raisin face à la mer, par exemple - mais si ce n'est pas le cas, ça ne nous mine pas. Ça ne creuse pas en nous des trous qui fragilisent toute la structure, ça ne produit pas des bombes à retardement qui menacent d'exploser en chaîne. Pour cette raison, et même si c'est plus facile à dire qu'à faire (il faut un peu d'entraînement), cela vaut le coup de protéger un beau moment vécu avec une personne (à faire du sexe ou de la musique) de tout ce qu'il est tentant de projeter sur lui. À cause à la fois de ce qu'on en attend pour la suite et de la représentation qu'on a de l'autre à partir de ce qu'on sait d'ellui. Dans les moments, même temporaires, d'intimité, il est je crois parfaitement possible de créer la bulle que décrit Rymke, "cette petite place au chaud près de Weia", ce "bel îlot où l'attention réciproque coule de source". En ces moments où on est unique aux yeux de l'autre, où on lit son désir de donner et de recevoir du plaisir ou simplement d'être là, peu importe qui cette personne a connu-e et aimé-e avant, peu importe ce qu'elle vivra ensuite. Le temps est suspendu, et c'est beau. » (Majé)
Cette nouvelle mixtape correspond à une étape de ma vie où je continue (encore et toujours) à comprendre des choses essentielles sur l'amour, et m'émeut de les trouver très justement reflétées dans un petit livre paru aux Éditions iXe en 2025, "Ne plus tomber (en amour)", de Majé. Je vous en lis ici quelques extraits, humblement, en expérant que ça vous fera autant de bien qu'à moi.
Côté musique, beaucoup de choses inédites, de moi ou des Antonymes: morceaux en cours d'élaboration, extraits de sessions d'impro, versions alternatives. Mais aussi des perles rares d'artistes méconnu-e-s découvertes au fil de mes pérégrinations internautiques. La ligne directrice cette fois-ci aura été de ne choisir que des morceaux instrumentaux, pour laisser tout le poids du sens au magnifiques paroles de Majé.
Illustration : Sandrine Nicaise